Couverture numérique, que pense le régulateur des récentes annonces ?

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Suite aux annonces du Président de la République et aux récentes propositions de l'opérateur SFR en matière de couverture numérique, je viens de saisir l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes avec Gérard Larcher. D'ici à la rentrée parlementaire, nous souhaitons obtenir l'appréciation de l’ARCEP sur les conditions de l’atteinte des objectifs annoncés par le chef de l'Etat, ainsi que sur la faisabilité et le coût des propositions de SFR. Nous souhaitons aussi connaître les conséquences de ces différentes évolutions sur les orientations retenues jusqu’à présent pour le déploiement des réseaux et sur la concurrence entre opérateurs. Notre démarche est motivée par notre volonté d'y voir clair et de nous assurer que nous pourrons vraiment réussir le pari de la couverture numérique. Nous voulons ainsi éviter de nouvelles désillusions. 
Dans l’intervention qu’il a faite au Sénat lors de la Conférence nationale des territoires du 17 juillet, le Président de la République a délivré un message fort puisqu'il n'a pas écarté l'intervention des pouvoirs publics en cas de carence des opérateurs. Il a en outre pris un engagement précis quant au calendrier, évoquant un objectif de couverture « en haut et très haut débit » d'ici « à la fin de l'année 2020 ». Certains opérateurs, à commencer par SFR, dont j'ai rencontré les responsables le 26 juillet, se proposent par ailleurs de couvrir gratuitement le territoire, tout en envisageant de réaliser rapidement cette couverture numérique sans rien demander à quiconque. Dans le même temps, de nombreuses collectivités territoriales, certaines depuis longtemps, ont pris l'initiative en vue d'assurer cette couverture, même partielle, en y consacrant des moyens importants et en puisant dans leurs ressources budgétaires. 
Aujourd'hui, alors que beaucoup s'interrogent, notamment les populations des territoires ruraux et leurs élus, sur la réalité et la faisabilité des programmes annoncés, qu'ils soient publics ou privés, ainsi que sur le coût de cette desserte et sur les moyens techniques et financiers qui seront mis en œuvre, il nous est apparu indispensable de connaître l'avis de l'ARCEP, dont le Président a régulièrement répondu à ma demande en venant évoquer ces sujets devant la commission des affaires économiques du Sénat (ici en photo). Les études menées par notre assemblée, notamment son dernier rapport sur la "Couverture numérique des territoires", nous conduisent à réclamer plus de lisibilité et de cohérence dans les schémas qui sont en cours d'élaboration, à réclamer aussi un traitement équitable pour les territoires, considérés à juste raison comme les grands oubliés, qui doivent participer au financement des infrastructures numériques. Enfin, certains se demandent si les programmes arrêtés par certaines collectivités auraient encore un sens s'il se confirmait que des dispositions soient prises conduisant à des résultats plus rapides et moins coûteux. Autant de points sur lesquels l'avis de l'Autorité de régulation est très attendu et sera lu avec beaucoup d’attention.