Blocage des universités : Jean Claude Lenoir interpelle le Gouvernement
Jean Claude Lenoir, Député de l'Orne, interpelle le Gouvernement au sujet de la situation dans les universités (20 mai 2009).
Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, depuis près de quatre mois nos universités sont paralysées. Au fil des semaines, nous avons assisté à une vraie prise d’otages politique, les étudiants souhaitant, dans leur très grande majorité, reprendre les cours et passer leurs examens afin que leur année ne soit pas perdue.
Face à eux une minorité agissante bloque l’entrée des universités. Même si un grand nombre d’entre elles ont rouvert leurs portes aujourd'hui, certaines demeurent fermées aux étudiants, dont celle de Caen, ce qui empêche les étudiants de travailler.
Je suis ici le porte-parole des victimes, le porte-parole des otages, qui ne supportent plus, ainsi que leurs parents, cette situation. Nous ne pouvons pas nous résigner à voir l’université française affaiblie, voire humiliée. Je le dis ici avec force, sachant que les étudiants que j’ai rencontrés nous regardent : nous en avons ras-le-bol !
Madame la ministre, vous en qui notre confiance est totale, je vous demande de nous indiquer les dispositions que vous comptez prendre afin de permettre à l’université de reprendre le chemin de la démocratie, aux étudiants de travailler et de passer leurs examens dans des conditions normales et à ceux d’entre eux qui sont démunis ou défavorisés de ne pas être, une fois de plus, les victimes d’une année universitaire qui aura duré trop longtemps.
Réponse de Valérie Pécresse, Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche (20 mai 2009) :
Monsieur le député, jour après jour, dans l’intérêt des étudiants, la situation des universités se normalise. La reprise des cours se confirme, même dans les sites les plus perturbés – hier encore, à la Sorbonne.
Je tiens à vous rassurer, monsieur le député : si un site de l’université de Caen est encore perturbé, les cours sont assurés dans d’autres sites avec l’aide de la rectrice afin que de vrais rattrapages permettent d’obtenir des diplômes de qualité, les examens étant décalés dans le temps dans trois UFR.
J’accompagnerai les étudiants, particulièrement les plus fragiles d’entre eux : ils pourront ainsi se concentrer sur leurs études et ne seront pas pénalisés par les blocages. Je donnerai un mois de bourse supplémentaire à tous les étudiants dont les examens seront décalés en juillet ou en septembre et j’ai demandé au CROUS de prolonger les baux de ces mêmes étudiants dans les résidences universitaires pour seulement un demi-mois de loyer. Enfin, j’ai demandé aux restos U de rester ouverts en juillet et en septembre. Vous pouvez le constater : notre seule préoccupation, qui n’est pas forcément partagée sur tous les bancs, c’est l’intérêt des étudiants !
Ccompléments de réponse ultérieurs :
J’ai demandé aux recteurs de mettre à la disposition des universités des locaux disponibles, de façon que cours et examens puissent s’y tenir en toute sérénité.
Nous ne transigerons pas avec la valeur des diplômes. Les recteurs sont les garants de l’application de la loi. Nous prendrons le temps qu’il faudra pour les rattrapages. D’ores et déjà, une vingtaine d’universités ont prévu d’organiser ces examens jusqu’en septembre.
Vous avez raison, monsieur le député : les consultations directes par Internet ont toutes donné, ces dernières semaines, le même résultat : les étudiants sont en majorité contre les blocages. Je souhaite que de telles consultations soient généralisées dans toutes les universités.
Plus d'informations sur www.ump.assemblee-nationale.fr
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